–« Certains fantômes ne gagnent pas à être connus. Elle fut prise d’un frisson en relisant l’avertissement. À quel point leur situation pouvait-elle encire s’empirer ? »
–« Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue »
–« Plus elle faisait leur connaissance, plus les pirates de L’Héliotrope la surprenaient. La plupart du temps, ils se montraient grossiers, orduriers et indélicats, mais ils étaient aussi des êtres complexes, des savants et des artistes émérites. Elle appelait ça le paradoxe du pirate. »
–« On disait qu’il se passait parfois des choses insolites à Célestopol. Après tout, la cité ne se trouvait pas sur Terre, mais bien sur la lune. On racontait que l’un pouvait entendre des voix étranges sur les canaux ; certains auraient pu jurer avoir vu des automates se comporter comme des humains. Et même que l’on pouvait confier son cœur amoureux à des mains de fer, sous la coupole de verre de la cité. »
–« Tu remplis la nuit de monstres et de cauchemars, constate le faune. Et tu la crains, je le devine. Mais moi, je la sais pleine de magie et de merveilleux. La nuit est mère de tous les rêves. De tous les espoirs. Alors, cesse d’en avoir peur. Tu y trouveras beaucoup, si tu as le courage d’y avancer. »
–« J’avais toujours imaginé que la mort viendrait me cueillir au milieu de l’océan, sous la forme d’une tempête, d’une volée de flèches impériales ou d’un couteau Ioph Carn entre les omoplates. Il faut croire que la mort, comme la vie, fait rarement ce qu’on attend d’elle. »
–« Une bibliothèque, c’est une âme de cuir et de papier. Il n’y a pas meilleur moyen pour fouiller dans les tréfonds d’une psyché que de jeter un œil aux ouvrages qui la composent. La sélection, le rangement, le contenu, même la qualité de la reliure : tous les détails sont importants. »
–« Tout le monde connaissait Livianne à Blanc-Buis. Personne n’appréciait vraiment sa compagnie. Elle avait l’esprit trop vif, la langue trop bien pendue et l’œil trop noir. Ils savaient tous ce que cela signifiait. Livianne également. On ne pouvait rien lui cacher bien longtemps. »
« Il y a toujours une fenêtre que je laisse ouverte pour que les Monstres puissent entrer. Je ne le fais pas vraiment exprès. Mais tous les Monstres rentrent dans toutes les têtes de la même façon : on les y invite. Parce qu’il y a quelque chose qui nous fascine, qui nous comble, ou du moins qui absorbe notre esprit logique en polarisant nos réflexions. Quand ils sont là, c’est trop tard. Ils ne sortent plus et la terreur grandit. »