« Tout est hasard. La nature est hasard. La vie est hasard. La folie des hommes est de chercher des règles là où il n’y en a pas, d’inventer des contraintes là où aucune n’existe. Tout ce qui compte c’est le choix. Alors choisis. Choisis. »
♦ « Mi-éveillé, mi-rêveur, je regagnais ce domaine, arpentais ses jardins obscurs et ses statues brisées, revoyais les chiens, les lampes torches aveuglantes tenues par des ombres. Je reprenais les tunnels, à la recherche non pas de preuves accablant Cordova, mais d’une part cruciale de moi-même que j’avais malencontreusement oubliée là-bas – comme un bras, ou mon âme. »
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« Que peut-on dire d’Ambregris qui n’ait été déjà dit ? Le moindre quartier de la ville, si superflu qu’il paraisse, a un rôle complexe, voire équivoque, à jouer dans la vie de la communauté. Et j’ai beau me promener très souvent sur le boulevard Albumuth, l’incomparable splendeur de la cité ne cesse de se rappeler à moi, avec son amour des rituels, sa passion pour la musique, son inépuisable et magnifique cruauté »
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« Je me suis mis à collectionner les lettres de suicide de ma sœur Eunice à l’âge de sept ans. Je n’en ai jeté aucune, je les garde dans un pince-notes noir rangé dans le tiroir du bas de mon bureau. À part ça, on ne m’a pas permis d’emporter grand-chose. »
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« Je savais ses tourments, ses doutes, sa vie. Je savais combien elle avait été déterminée, je savais ce que ses paroles ne diraient pas et ce que ses silences hurleraient. »
« Et si le rapport entre l’homme et le mal était celui qui unissait l’océan et l’iceberg ? Deux énormes masses faites de la même matière à cette différence près que l’iceberg se distingue plus facilement que l’océan.»
« Comme tout à bord, la solidité du bateau avait été une illusion. Ils s’étaient enfermés dans une prison de bois et de clous et s’étaient jetés à la mer, pensant que leur courage leur permettrait de s’en sortir sains et saufs. Et alors leur ennemi avait levé la main et leur avait montré combien ils avaient été idiots. »
« Il somnolait sur le sable. Somnoler : tel était le terme toujours employé par les humains, mais il n’avait jamais reconnu que son état pût être comparable au sommeil auquel il se laissaient aller. Il ne pensait pas qu’une vivenef pût dormir. Non, même ce moyen d’évasion lui était interdit ; en revanche, il pouvait se rendre quelque part ailleurs dans son esprit et s’immerger si profondément dans ce moment du passé que l’ennui mortel du présent battait en retraite. »
« Ainsi fonctionne le cerveau humain. Il crée des structures là où il n’y en a pas. Il imagine des liens de causalité sans aucun fondement. Des scénarios venus de nulle part. C’est dans la nature même du cerveau. Il est conçu pour mentir. Et pour croire aux mensonges. »
« As I said previously, the world is a weird and wonderful place, but that doesn’t mean it’s not without teeth. And it will bite you when you least expect it. »