
[Chronique] Les aventuriers de la mer [2], de Robin Hobb






« Depuis qu’elle avait quitté le glacier en suivant les indications du serpent, Arka avait marché une journée à travers la plaine sans détacher ses yeux de la ville, comme un papillon attiré par une lumière. Hyperborée. La cité des mages, chaude comme un éternel été, et si riche qu’on la disait pavée d’or. »

« Un dernier jour ici, comme le lui a promis Anne avant de le laisser au portail. Après il repartira sur Paris, oubliera tout, tout, même la lettre déposée devant la porte et qui lui dit : Souviens-toi. »

« Elle ne savait pas qui elle était. Elle ne l’avait jamais su et l’ignorait en cet instant plus qu’en tous les autres. Elle doutait de tout : de son ascendance, de son identité, de sons essence profonde. Elle se sentait perdue, cernée par mille interrogations plus menaçantes que son périple dans Bois-sombre. »

« La parole d’une femme semblait toujours sujette à caution. L’intransigeance de l’homme était du ressort de l’homme. Du moins, c’était ce qu’affirmait le monde, et le monde était assurément du ressort de l’homme. »

« Le roi se laissa glisser le long d’un rocher et s’installa là, ruminant son étrange condition. Le magistre, songea-t-il, l’aiderait à supporter son ennui. La puissance des sorciers d’antan était notoire. Nul doute que leur descendant saurait trouver un remède à la mélancolie d’un roi délabré. »