« Rais sentit ses tripes se nouer d’une manière bien trop familière, un dépit ravageur qui accompagnait immanquablement toute conversation avec un djinn.»
« Aujourd’hui, elle savait de quoi étaient faits les dieux et avait bien conscience de leur vanité. Combien d’entre eux écoutaient seulement la voix des humains et s’employaient réellement à protéger leurs récoltes, leurs villages et leur progéniture ? Combien de mortels suppliaient sans savoir que leurs kami avaient été chassés par un autre, qui se goinfrait de leurs offrandes en se moquant d’eux, sans jamais exaucer le moindre de leur vœu ? Pourtant les fidèles croyaient encore. Il fallait bien croire pour affronter le quotidien et les pertes»
« Si vous aimez Bain autant que je l’ai aimée, alors vous connaîtrez son âme, un mélange enivrant d’arrogance et de vitalité au sein duquel repose un immense soupir, semblable à celui d’un océan tout juste traversé, le soupir de sa terrible antiquité, qui souffle des profondeurs des pierres.»
« On a beau ne posséder que très peu, il se trouvera toujours quelqu’un pour vous envier. La pauvreté et la simplicité ne vous protègent pas de l’avidité des autres. Si tu ne possèdes plus rien, on peut toujours te voler ton corps et te réduire en esclavage. »
« Lorsque je mis le pied dehors, les lanternes des jardins s’allumaient ; le parfum doucereux de l’huile des lampes imprégnait les airs. Seuls les gargouillis des ruisseaux et le son traînant de mes bottines rompirent le silence. Je me sentais minuscule et misérable parmi tant de grandeur. »
« Quel besoin de magie quand il y a l’amour, la peur, la haine et la jalousie ? Les sentiments humains, Bran, sont bien plus forts que n’importe quel enchantement. »
« En cet instant terrible, elle sut ce que n’être destinée à « rien » voulait dire. Elle avait cru que cela revenait à être insignifiante ; qu’elle ne serait jamais personne, qu’elle ne ferait rien d’important. Mais ce n’était pas cela.
« Rien », c’était la mort. »