[Chronique] Les dix mille portes de January, d’Alix E. Harrow

Les 10 mille portes de January

« Je me dirigeais vaguement vers le nord, en observant ces nouvelles étoiles et ces constellations inconnues m’adresser des clins d’œil malicieux. En réalité, je ne savais pas où j’allais – une petite maison en pierre sise sur les pentes de la colline la plus au nord n’était pas l’adresse la plus précise qui soit -, mais cela ne me semblait pas être un obstacle insurmontable. »

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[Chronique] Le Livre de M, de Peng Shepherd

le livre de M
 
« Je voudrais tant que mes souvenirs soient restés dans un autre endroit de mon corps – n’importe où, les yeux, le bout des doigts, la plante des pieds. Les gens quand ils meurent ont si peur de perdre leur corps – mais à quoi ça sert un corps ? À rien. Le corps ne se souvient de rien. De rien du tout. Ce n’est pas le corps qu’on devrait avoir peur de perdre. »

[Chronique] Capitale du Nord – tome 1 : Citadins de demain, de Claire Duvivier #PLIB2022

capitale du nord
 
« – Ce sont des pensées tout à fait naturelles, même si elles vous viennent bien précocement. Quand j’avais trente ans, je me figurais être un balourd par rapport au vif jeune homme de vingt ans que j’avais été ; et aujourd’hui, je souhaiterais tellement me montrer aussi perspicace que l’était ce balourd… C’est une illusion. Ce n’est pas votre esprit qui s’engourdit, c’est le monde autour de vous qui vous apparaît progressivement dans toute sa complexité ; un processus qui ne cessera qu’à votre mort. S’en inquiéter est plutôt sain, mais cela ne doit pas vous paralyser. »

[Chronique] Les employés, de Olga Ravn

Les Employés
 
« Depuis que j’ai abouti ici, j’ai la certitude que je suis mort, mais que, dans mon cas particulier, on m’a laissé continuer à faire semblant. Je suis comme une plante qui est presque entièrement fanée, sauf une seule bouture verte qui est toujours vivante, et cette bouture, c’est mon corps et ma conscience, et ma conscience est comme une main, elle touche au lieu de penser. »

[Chronique] Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerre
 
« Je me suis fait avoir. Je suis devenu un héros. Il faut dire que j’ai pas fait dans la dentelle, et que j’ai payé assez cher mes laurier. Du coup, on a brodé un paquet de contes sur mon dos ; et dans un sens ça se comprend. C’est le genre d’évènement qui répand un long frisson de frousse le long des artères de la ville et qui marque durablement les cervelles… »