[Chronique] Monstrueuse féerie, de Laurent Pépin

Monstrueuse féérie
 
« Il y a toujours une fenêtre que je laisse ouverte pour que les Monstres puissent entrer. Je ne le fais pas vraiment exprès. Mais tous les Monstres rentrent dans toutes les têtes  de la même façon : on les y invite. Parce qu’il y a quelque chose qui nous fascine, qui nous comble, ou du moins qui absorbe notre esprit logique en polarisant nos réflexions. Quand ils sont là, c’est trop tard. Ils ne sortent plus et la terreur grandit. »

[Chronique] Les Veilleurs, de Jean-Luc Bizien

Les Veilleurs

« La lune est ronde ce soir et ils sont tous là, dehors. Je peux deviner leur présence dans la rue, dans les égouts, dans les couloirs des bâtisses abandonnées. J’ai trouvé un abri pour la nuit. La porte est solide, personne ne la franchira. Peut-être même vais-je pouvoir dormir quelques heures et reprendre des forces. »

[Chronique] La ville sans vent – livre 2, d’Eléonore Devillepoix

la ville sans vent 2

« Hormis quelques paquets de neige tombés des palmiers morts, aucun mouvement n’avait agité le patio du palais royal depuis plusieurs décades. Le froid semblait avoir figé l’écoulement du temps, donnant à l’édifice l’allure d’une scène vide. Et comme toute scène vide, il paraissait attendre un spectacle. »

[Chronique] Les chroniques de St-Mary – tome 3 : Une seconde chance, de Jodi Taylor

St Mary 3

« Newton affirme que le Temps est comme une flèche qui ne peut jamais dévier de sa trajectoire. Einstein affirme que le Temps est comme une rivière qui serpente, coulant tantôt lentement, tantôt rapidement. Maxwell, lorsqu’elle a passé toute la nuit à réfléchir au lieu de dormir, affirme que le Temps est comme des ronds dans l’eau, s’étendant dans toutes les directions. Dons le passé. »

[Chronique] La voix des ombres, de Frances Hardinge

La voix des ombres

« Sa mère hocha la tête avec lenteur. Elle ne dit rien de plus et n’acheva pas son histoire. Makepeace sentit son sang se glacer. Sa mère était comme ça, par moments. Les conversations devenaient des énigmes semées d’embûches, et ce qu’on répondait était lourds de conséquences. »

[Chronique] C’est l’inuit qui gardera le souvenir du blanc, de Lilian Bathelot

C'est l'Inuit

« Je respire lentement par la bouche. Je dirige mon souffle sur le petit tas de neige que j’ai déposé juste devant mes lèvres pour éviter que de la vapeur se forme. Je respire bien. L’air glacé me brûle la poitrine. J’ai froid, mais je reste calme. Je suis immobile. Comme un bloc de glace. Je suis un bloc de glace. »