
« Le domaine de Porte-Vent, fief de la famille Le Kerdaniel depuis des générations, était bien nommé : en s’engouffrant entre le manoir et ses dépendances, le vent marin émettait un chant lugubre. »

« Le domaine de Porte-Vent, fief de la famille Le Kerdaniel depuis des générations, était bien nommé : en s’engouffrant entre le manoir et ses dépendances, le vent marin émettait un chant lugubre. »

« Au fil de ses allers et retours, Alix se sent de plus en plus tendue. Mais ce n’est pas une tension paralysante, bien au contraire, c’est un fluide énergisant, une force d’inertie puissante, comme la corde que l’on bande. »

« Les yeux dans le miroir étaient bleu clair. Parfois, quand le dégel du printemps était terminé et que la rivière avait retrouvé sa place dans son lit, on pouvait trouver des mares stagnantes le long du rivage, des eaux mortes séparées du courant, des zones à l’air fétides, immobiles et froides ; on se demandait alors si elles étaient profondes, et s’il y avait quelque chose qui vivait là, dans cette obscurité. C’était le genre d’yeux qu’il avait; profondément enfoncés dans un visage sombre aux joues creuses, encadré par des cheveux bruns qui tombaient, longs et raides, sur ses épaules. »

« Mattie essaya d’imaginer à quoi cela ressemblait, d’avoir en soi l’âme de quelqu’un d’autre comme un petit poisson argenté, vif et furtif, qu’on pouvait laisser nager au creux de sa paume pleine d’eau, mais qu’il ne fallait pas saisir, sous peine de le meurtrir sur le plan physique et mental. »
–« À cette déclaration, une ovation sauvage envahit la salle, offensant les oreilles de Yuri, peu accoutumées à un tel vacarme. La princesse décida que cette leçon serait inconfortable à apprendre, comme toutes celles qui impliquaient de quitter l’Ambassade. »

« Ceux-là s’arrogent un pouvoir qui ne devrait jamais être à notre portée. Nul ne doit disposer de la vie d’un autre. Et nul ne doit non plus condamner quelqu’un pour ce qu’il est. »

« Je triche. J’esquive, je danse, encore et toujours. Je me raconte des histoires, je prétends que je ne me souviens plus des noms, des détails, alors qu’en fait si. C’était vrai à l’époque et ça l’est toujours. Je me souviens de tous les noms. »

« J’ai compris que s’élever au-dessus des siens ne se fait pas par l’exercice du pouvoir et l’usage de la violence, mais en apprenant à aimer les vicissitudes de son destin. Vous autres, fils des batailles, partez au combat en craignant d’être tués, blessés, perdus. Nous, femmes de Longemar, risquons la capture, la souillure, le rejet, le mépris de ceux qui pensent que le combat n’est qu’une affaire de muscles. »

« Une beauté gâchée, avilie, souillée par la Brume et son appétit sans fin. J’ai la sensation d’un immense gâchis, d’une perte que rien ne pourra jamais combler. »

« Nous n’avions pas de corps, nous n’avions pas de crime mais nous connaissions tous la devise : en cas de doute, pensez meurtre. »