[Chronique] Fragments d’un Dieu mourant, de Jonathan Brychcy

Dans un paysage désolé, un homme sans nom poursuit une folle quête….
Chargé de la garde personnelle du souverain, et alors qu’il avait rejeté ses désirs, il s’est vu transformé par sa relation amoureuse avec le nouveau roi. Protéger et aimer sont devenus les deux mots qui le guident. Mais, malgré cet amour, une profonde dépression vient assaillir le monarque. Les jours de bonheur laissent la place à des paysages hantés et délabrés. Pour sauver son aimé, l’homme décide de prendre la route sur ces terres angoissées, en quête de la Déesse, créatrice de cet univers, pour qu’il lui soutire un moyen de sauver la vie de l’homme qu’il aime.

MON avis

En mars 2026, les éditions ActuSF ont inauguré leur toute première collection de novella, Nagori, avec deux premiers titres : Fragments d’un dieu mourant de Jonathan Brychcy et Des perles pour les truies de Maeve Spiral. C’est pour son ambiance sombre et l’univers mélancolique que j’ai craqué pour le premier même si malheureusement il ne m’aura pas complètement convaincue.

Fragments d’un Dieu mourant propose un très bel univers de dark fantasy tout en poésie à l’image de la plume de Jonathan Brychcy. Le monde se pare d’une belle mythologie et nous expose dans les premières pages l’histoire de la Déesse et des Rois qu’elle sélectionne pour faire la pluie et le beau temps dans le Royaume. Car dans ce monde, les émotions des suzerains sont directement liées à la météo causant d’intenses catastrophes quand les Rois sont malheureux. Et justement un nouveau Roi vient d’arriver, Roi dont le narrateur de cette histoire va éperdument tomber amoureux. S’ensuit alors une histoire tragique quand peu à peu le Roi va s’enfoncer dans la dépression.

Le récit est ainsi un cri d’amour passionné qui renverse tout sur son passage. Jonathan Brychcy décrit bien la puissance des sentiments ressentis par les personnages, mais il m’a manqué l’étincelle qui permettrait de comprendre l’amour qui les anime. Les sentiments exposés ne sont que passion et désespoir tout au long du texte sans réelles nuances ni évolution, à tel point qu’ils en deviennent dénués de sens. Mis à part dans les instants charnels, on ne sait pas ce qui anime cet amour qui semble être né trop soudainement. Il est difficile également de comprendre le déclin du Roi et la raison pour laquelle leur amour s’autodétruit. Il m’a manqué des variations dans le ton et les sentiments, un début peut-être plus doux puis une montée en puissance de la passion jusqu’à son déclin. Fragments d’un Dieu mourant présente au contraire un texte empreint de douleur dès les premières pages, et jusqu’à la dernière. De même, la passion s’installe immédiatement, et avec elle la tragédie qui va dévaster les personnages et le monde qui les entoure.

J’ai ainsi eu du mal à croire en cet amour trop intense et obsessionnel. De plus, si j’aime habituellement les plumes poétiques, les élans romantiques auront été trop nombreux et répétitifs pour moi, représentant finalement la quasi-totalité du texte. En dehors de l’exposition des sentiments, le récit m’a finalement semblé vide, n’exploitant pas assez l’univers imaginé par l’auteur qui était pourtant le point fort de cette novella.

La beauté de la plume et l’esthétique de l’univers pourra certainement suffire à envoûter certains lecteurs, les piégeant dans ce cri d’amour déchirant et immuable, mais j’attendais personnellement plus de nuances dans ce drame intime, dans les émotions exposées et un univers qui serait plus qu’un prétexte à cette histoire d’amour.

Roman reçu en service de presse de la part des éditions ActuSF, que je remercie.

D’autres avis : Tachan L’ours inculteLe syndrome QuicksonCélinedanaé


Fragments d’un Dieu mourant
Auteur :
Jonathan Brychcy
Couverture : Melchior Ascaride
Maison d’édition : ActuSF
Genre : Fantasy
Date de publication française : 12 mars 2026
Nombre de pages : 182 pages
Prix : 11,90 € (broché)

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