[Chronique] Education meurtrière, de Naomi Novik

éducation meurtrière

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Education meurtrière
Autrice : Naomi Novik
Traduction : Benjamin Kuntzer 
Maison d’édition : Pygmalion

Genre : Fantasy
Année de parution française : 26 janvier 2022
Nombre de pages : 315
Prix : 21,90 € (broché) / 14,99 € (numérique)
Synopsis
Bienvenue à la Scholomance, une école pour les surdoués de la magie où l’échec signifie la mort… au sens propre. Dans cet établissement, il n’y a pas de professeurs, pas de vacances et pas d’amitiés, sauf celles qui sont stratégiques.
El Higgins est particulièrement bien préparée pour sa première année. Elle n’a peut-être pas d’alliés, mais elle possède un pouvoir assez puissant pour raser des montagnes. Elle semble donc de taille à affronter cette scolarité hors normes. Le problème ? Sa magie pourrait aussi tuer tous les autres élèves.
MON avis
Naomi Novik est une autrice dont je suis les publications. J’avais beaucoup aimé Déracinée, un peu moins La fileuse d’argent, mais je n’ai pas pu m’empêcher de foncer vers son nouveau roman, Education meurtrière, premier tome d’une trilogie, qui m’a attirée pour sa thématique « dark academia ».

Bienvenue à la Scholomance

Education meurtrière nous emmène ainsi dans une école de magie, la Scholomance, où l’on suit Galadriel dans son avant-dernière année d’études. La Schomolance est une école assez particulière puisqu’elle se situe dans une sorte d’intermonde, ce qui lui permet de défier les lois de la physique et qu’elle abrite de nombreux monstres. Ainsi les lieux bougent, l’école se réorganise continuellement, s’adapte aux élèves pour leur proposer des cours sur mesure sans qu’aucun professeur ne soit présent. Les élèves sont comme prisonniers de cette école, et devront survivre à leur scolarité entière pour pouvoir retourner dans notre monde après les examens finaux où la moitié d’entre eux périssent. C’est donc une scolarité bien difficile que vivent les personnages, le moindre recoin de l’école peut cacher un monstre mortel. Il leur est par exemple impossible de prendre une douche sans personne pour surveiller les alentours. Tout s’organise donc autour d’alliances et les élèves seuls qui ne font pas partie de ce qu’on appelle une « enclave » ont peu de chance de survivre. C’est le cas de Galadriel qui a du mal à s’entendre avec les autres du fait de son mauvais caractère et d’une prédestination pour une sorte de magie puissante et dangereuse. Mais, un garçon, Orion, qui a la manie de sauver la vie de tous ses camarades et qui est donc très apprécié va commencer à se rapprocher d’elle, ce qui va complètement changer son quotidien et sa manière d’organiser sa scolarité.

Un roman centré sur le worldbuilding

Il y a énormément de choses que l’on peut dire sur l’univers de ce récit. Je n’en ai mentionné que quelques détails dans mon paragraphe précédent, il y en a infiniment plus à découvrir dans le roman. Naomi Novik a réellement développé un récit centré sur du worldbuilding. Elle développe ainsi un univers extrêmement riche et assez original aux multiples facettes. Elle développe l’architecture de l’école, les différents types de monstres qui y habitent, mais aussi les spécificités de la scolarité très particulière que suivent des élèves et mentionne également l’organisation du monde des sorciers à l’extérieur de l’école. Il y a beaucoup de détails, de descriptions, ce qui fonctionne extrêmement bien avec moi, mais ne fonctionnera pas avec d’autres lecteurs. Car le worldbuilding est vraiment mis en avant au détriment de l’intrigue. Il n’y a ainsi pas d’intrigue réelle dans ce premier tome consacré avant tout à l’explication du quotidien des personnages et à la survie. Il n’y a pas d’enjeux autres que celui de survivre jour après jour (mais c’est déjà une sorte d’enjeu assez fort) et pas vraiment de début d’intrigue. On arrive dans cette lecture comme si on débarquait tout simplement un jour dans le quotidien des personnages.

Malgré tout, je me suis totalement prise au jeu de cette lecture, de son ambiance dangereuse, de son personnage principal tête à claque et assez rafraichissante par son indépendance. C’est un personnage qui se fou d’être aimé par les autres, ce qui n’est pas forcément une bonne stratégie quand sa survie dépend des autres. Elle est parfois agaçante dans ses contradictions et par son caractère buté qui complique beaucoup les choses, mais j’ai aimé suivre ce personnage principal très loin de l’archétype de l’héroïne parfaite. Le lien qui s’installe entre elle et Orion est également très sympathique à suivre. L’autrice prend le temps de développer leur relation chien et chat afin qu’elle soit assez crédible et réussit à créer une véritable alchimie entre les deux personnages. J’ai été fasciné par le quotidien dans cette école, par tous les moyens mis en jeux par les personnages pour survivre. Malgré le fort développement de l’univers, je n’ai trouvé aucun temps mort dans cette lecture. Il y a un côté un peu répétitif avec les attaques incessantes de monstres, mais elles contribuent à façonner l’ambiance du récit qui est assez court pour que cela ne devienne pas lassant. J’ai également adoré le final, même si je l’avais deviné. Ce premier tome se termine sur un petit cliffhanger qui donne vraiment envie de lire la suite.

Un roman très différent des précédents écrits de l’autrice

Education meurtrière laisse tout de même à désirer au niveau de l’écriture/de la traduction et du travail éditorial. Je n’ai pas eu l’impression que la traduction soit vraiment très bonne, il y a des notes qui devraient être en bas de page et se retrouvent dans le texte. La couverture n’est pas d’une très bonne qualité non plus. Le style n’est pas extrêmement fluide et assez brut, je n’ai absolument pas retrouvé l’écriture de Naomi Novik ici. C’est même assez difficile de réaliser qu’il s’agit de la même autrice que pour Déracinée ou La fileuse d’argent tant Education meurtrière est à l’opposé de ces deux titres. Exit le côté conte, la poésie, le rapport à la nature ou encore la magie légère et envoûtante. Education meurtrière est un roman sombre, âpre, un huis-clos dans lequel le rapport à la magie est dur et violent. C’est un roman qui ne touchera pas le même public cible et qui risque de beaucoup diviser.


En bref

Education meurtrière nous emmène à la Scholomance, une école de magie rempli de monstres et au système pédagogique assez particulier. Chaque recoin peut se révéler être un péril mortel pour les élèves et c’est dans ce contexte que l’on suit Galadriel dans son avant-dernière année d’études. Education meurtrière est un roman surtout construit autour du worldbuilding. Naomi Novik y déploie un univers extrêmement riche avec de nombreux codes qu’elle prend le temps de développer au détriment de l’intrigue. Malgré tout, on ne s’ennuie pas dans ce premier tome à l’ambiance très sombre et je me suis très facilement prise au jeu de suivre le quotidien dangereux de Galadriel. Le style manque malheureusement un peu de fluidité, mais a été largement compensé par le divertissement que m’a procuré cette lecture que j’ai dévorée quasiment d’une traite !

TB lecture

9 réflexions sur “[Chronique] Education meurtrière, de Naomi Novik

  1. tampopo24 8 juin 2022 / 6 h 04 min

    J’ai dû lire les chroniques de lecteurs n’étant pas aussi fans que nous de descriptions et wordbuilding car je n’avais pas du tout perçu la richesse de l’univers et sa singularité dans les leurs. Toi, tu as su me donner très envie car j’adore découvrir comment quelque chose fonctionne et cette relation entre l’héroïne et « son protecteur » a quelque chose de fascinant et médecin qui m’attire.
    Cependant je pense attendre la future version poche vu ce que tu dis de la qualité de l’ouvrage. Il y aura peut-être des corrections ^^!

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    • Sometimes a book 10 juin 2022 / 19 h 22 min

      Ah c’est étrange que ça ne soit pas mentionné, j’avoue que j’ai du mal à comprendre comment on peut ne pas s’intéresser à la richesse d’un univers même si je comprends que ce roman en question ne plaise pas à tout le monde ! Mais oui je comprends tout à fait l’attente en poche, c’est le plus sage effectivement 😊

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  2. Steven 8 juin 2022 / 7 h 51 min

    J’ai Déracinée dans ma PAL et ce qui tu dis de l’auteure me donne envie de découvrir à mon tour la plume de celle-ci.

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    • Sometimes a book 10 juin 2022 / 19 h 23 min

      J’ai beaucoup aimé Déracinée, mais comme souvent avec cette autrice, ça passe ou ça casse ! J’espère que tu apprécieras 😊

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  3. Parlons fiction 8 juin 2022 / 8 h 46 min

    ça me fait plaisir de lire ton avis sur l’aspect éditorial du livre car tout au long de ma lecture, je me suis fait les mêmes réflexions. L’écriture a quelque chose de très brute et je me suis posée des questions concernant cette traduction qui me semblait parfois un peu lunaire (beaucoup de répétitions, certaines phrases qui s’enchaînent difficilement, etc.). Cela a joué sur ma lecture car j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Le woldbuilding est assez violent et dure très longtemps, ce qui a fait que j’ai eu du mal à me mettre pleinement dans l’intrigue. Cependant, j’ai beaucoup aimé ma lecture car une fois que j’ai réussi à entrer dans l’univers, ce n’était que du plaisir. Pour autant, j’ai tout de même hésité à abandonner ma lecture à un moment car il était difficile pour moi de me confronter à cette écriture « brute »

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    • Sometimes a book 10 juin 2022 / 19 h 26 min

      Il me semble avoir lu que le style en VO est aussi comme ça, mais je ne suis plus vraiment sûre à 100%… Dans tous les cas, le travail éditorial français laisse à désirer, ce qui est assez déplorable de la part d’une grande maison d’édition…
      Mais, contente de lire que tu as quand même réussi à apprécier ta lecture malgré des débuts difficiles !

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  4. Ninu 14 juin 2022 / 13 h 33 min

    Hello ! Merci pour cette chronique !
    Ce livre est dans ma liste de souhait depuis quelques temps déjà et entre son autrice que j’admire et son ambiance, il me tente énormément. Par contre je trouve ça assez dingue ce que tu racontes ici sur le côté éditorial, Déracinée et La fileuse d’argent ont eu des éditions tellement chouettes, et Téméraire tient la route aussi dans son genre. Je me demande bien à quel moment ils ont lâché le morceau, c’est triste quand même quand on se dit que énormément du visuel joue sur le choix de nouveaux lecteurs qui ne connaîtraient pas la bibliographie de l’autrice !

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  5. zoelucaccini 14 juin 2022 / 15 h 17 min

    On en avait discuté, et franchement, en lisant ta chronique, je me suis dit  » et pourquoi pas ? ». Après tout, un bouquin fourmillant de détails pour une autrice à qui je reprochais justement de ne pas en donner assez, ça a de quoi me séduire !

    Et puis je me suis rappelé que c’est un tome 1. Et pire : « Education meurtrière laisse tout de même à désirer au niveau de l’écriture/de la traduction et du travail éditorial » –> je m’étrangle. Franchement, je finis Encens qui m’a bien agacée sur ce plan, donc les bouquins mal traduits et mal ficelés, je commence à en avoir un peu marre à la fin !! (oui je râle, pardon).

    Donc bon, je me le garde en tête, quand même, ce huis-clos âpre et brut, ça me vend du rêve quand même 🙂
    Merci pour ton retour détaillé !

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