
« Certaines familles attirent la tragédie comme des aimants. D’après mon expérience, ceux qui ont le plus souffert sont généralement les premiers à souffrir de nouveau. Le sort. Parfois il s’acharne et c’est comme ça. »

« Certaines familles attirent la tragédie comme des aimants. D’après mon expérience, ceux qui ont le plus souffert sont généralement les premiers à souffrir de nouveau. Le sort. Parfois il s’acharne et c’est comme ça. »

« Il était et resterait un être moyen. Vivant une existence moyenne, semblable à celle de millier d’autres qui naissaient, passaient et disparaissaient sans que la terre en gardât de véritables traces Il côtoyaient leurs semblables, les marquaient et les façonnaient, s’en faisaient parfois aimer et regretter, mais même les regrets finissent un jour par s’estomper, remplacés par l’impérieux de l’existence, l’immédiat du quotidien qui vous prend, vous emmène et vous fait tout oublier. »

« Les ombres abritaient des choses peu recommandables, épouvantables parfois. Les adultes mentaient. Les monstres arpentaient cette terre. Ils en avaient eu la preuve. »

« La plupart des adolescents baissèrent la tête, mais une excitation sordide s’était d’ores et déjà emparée de leurs jeunes esprits. La mort exerçait sur eux un attrait qui n’avait d’égal que leur ignorance, leur curiosité et leur insensibilité enfantine. Tout ce qui pouvait les faire sortir de leur quotidien et y apporter un peu de piment était bienvenu, quand bien même ce fût un quintuple assassinat. »

« Stan et moi, on est d’accord sur une chose : ce qu’il a accompli, et la façon dont je le raconte, à la fin c’est un seul et même acte de création. C’est l’inverse d’un mensonge. Cela ne se résume pas à photoshoper la réalité. Si je me bornais à énumérer les faits, ils seraient amputés des intentions, des non-dits, de l’émerveillement et de la terreur, ils ignoreraient leur propre causes, et une suite de faits débiles ne fait pas la vérité. »

« Tout de même, le résultat du dernier lustre n’était pas brillant. Elle avait consommé pas loin d’une douzaine d’apprentis en cinq ans. Mais qu’y pouvait-elle si ces petits crétins avaient tendance à brûler vifs, exploser, s’empoisonner ou même se changer en pudding pour l’une d’entre eux ? »

« On a beau être cajolés, traités avec déférence, nous restons souvent de simples prisonniers de nos faiblesses, n’est-ce pas ? Nos liens sont parfois invisibles, mais ils sont bel et bien présents. La loyauté s’achète et la liberté se refuse. »

« Le lecteur féru d’histoire se rappellera que le XVIIe siécle constituait à tous égards l’âge d’or de la noblesse d’esprit ; en guerre comme dans les rues, l’on se battait et l’on mourrait encore de manière civilisée, la Réponse coincée dans la gorge, un élégant filet de sang coulant par les tympans, la cervelle vidée par une Question assassine »

« Les mois passant, Ci apprit à distinguer les blessures accidentelles de celles produites dans l’intention de tuer ; à discerner entre les coupures produites par les haches de celles causées par des dagues, des couteaux de cuisine, des coupe-coupe ou des épées ; à faire la différence entre une pendaison et un suicide […]. Il découvrir que les procédés employés pour assassiner étaient le plus souvent grossiers et instinctifs quand les mobiles obéissaient à la jalousie, à la fureur ou à une brusque dispute, mais qu’ils augmentaient en raffinement et en ruse lorsqu’ils avaient pour origine l’obsession et la préméditation. »

« Je me suis demandé s’il existait un élément, ou un gène, capable de faire réagir tout notre corps, indépendamment de ce que notre cerveau nous dit. Se pouvait-il que nous soyons liés – scientifiquement – à une autre personne ? »