[Chronique] Le Dôme de la tortue, de Pierre Raufast

L’équipage du vaisseau M-Orca est dans le système de la Tortue depuis plusieurs mois. Le groupe de scientifiques doit continuer ses recherches malgré les difficultés techniques et les désaccords. Toutes les pistes pointent vers une forme de civilisation dont le développement est étroitement lié à l’antimatière. Mais comment explorer cette nouvelle planète avec un traître parmi leurs rangs ? Sara et Slow doivent décrypter les mystères qui se cachent sur Tortue-B, mais la méfiance et les complots sont les huitièmes passagers…

MON avis

Après La Tragédie de l’Orque et Le Système de la Tortue, Pierre Raufast nous offre la conclusion à sa trilogie de science-fiction très abordable mêlant voyage spatial, théories scientifiques et intrigues politiques.

L’intrigue de ce troisième tome reprend directement là où elle s’était arrêtée dans le tome précédent, alors que les personnages sont encore dans une situation périlleuse en lien avec leur expédition sur Tortue-B, mais aussi sur le point de faire une découverte scientifique majeure. Pourtant, là où j’espérais voir davantage explorée cette planète introduite dans le tome précédent, le récit prend une direction différente en se concentrant cette fois-ci sur la question du premier contact avec une espèce extraterrestre intelligente.

Le sujet est d’ailleurs très bien traité par l’auteur qui, une nouvelle fois, vulgarise avec un grand talent plusieurs théories scientifiques. Le roman s’intéresse ici notamment à des recherches mêlant langage et mathématiques puisque les personnages vont être confrontés à un code à décrypter. Le concept est très didactique, l’auteur prenant le temps d’expliquer les différentes étapes de la réflexion à travers schémas et tableaux, pour nous faire comprendre toute la démarche scientifique utilisée par les personnages. Cette partie est certainement la plus réussie de ce dernier tome, on ressent l’enthousiasme de l’auteur lorsqu’il s’agit de nous montrer comment décrypter ces codes. Il gère également toujours très bien les questionnements qu’une telle découverte peut engendrer, comme les conséquences politiques, dans la continuité des tomes précédents et une réflexion sur la communication. Malheureusement, le tout reste en surface dans ce dernier tome et si l’auteur est conscient de la nature humaine et sa propension à l’égoïsme et à exploiter tout ce qu’on peut trouver, ce dernier tome souffre d’un certain utopisme dans sa résolution.

Ainsi, outre cette partie purement scientifique, le reste de ce dernier tome manque de substance. Il ne relance pas de nouveaux enjeux, de mystère, ni une réelle dynamique, mais se contente de résoudre trop partiellement les différentes intrigues liées à chacun des personnages. Ainsi ce dernier tome m’a semblé s’arrêter avant même d’avoir vraiment débuté, laissant en suspens intrigues et personnages et concluant la saga avec une trop grande facilité, ce qui laisse un sentiment d’inachevé. Ce tome aurait mérité d’être étoffé pour lui apporter une véritable intrigue et plus de profondeur dans son dénouement et ses thématiques, ou bien d’être rassemblé avec le tome précédent, si le but était seulement de conclure la trilogie. En l’état, j’ai trouvé ce tome trop court pour fonctionner, et il est dommage de terminer ainsi la trilogie sur cette note mitigée tant cette saga avait jusque-là réussi à mêler de manière très efficace divertissement, sciences et politique, le tout en restant très accessible à un large public.

Ainsi, ce troisième tome conclut la trilogie sur une note contrastée. Si la partie scientifique, notamment autour du premier contact, est réussie et témoigne une nouvelle fois du talent de l’auteur à aborder de nombreux concepts scientifiques de manière passionnante et abordable, le reste du récit souffre de facilités et d’un manque de profondeur, laissant un sentiment d’inachevé face aux enjeux mis en place dans les tomes précédents. L’ensemble donne ainsi l’impression d’une conclusion trop rapide, qui ne parvient pas à exploiter pleinement les pistes esquissées jusque-là. Une conclusion donc en demi-teinte pour une trilogie qui avait pourtant su jusqu’ici trouver un équilibre très efficace entre divertissement, science et réflexion politique et sociétale.

Roman reçu en service de presse de la part des éditions Pocket que je remercie

D’autres avis : Le MakiTachanLe Nocher de livres


La Trilogie Baryonique, tome 3 : Le Dôme de la tortue
Auteur :
Pierre Raufast
Maison d’édition : Aux forges de Vulcain / Pocket
Genre : Science-fiction
Date de publication française : 29 mars 2024
Nombre de pages : 304 pages
Prix : 21 € / 9 € (poche) / 14,99 € (numérique)

Une réflexion sur “[Chronique] Le Dôme de la tortue, de Pierre Raufast

  1. Avatar de tampopo24 tampopo24 16 Mai 2026 / 8 h 07 min

    Nos avis se rejoignent malheureusement sur le manque de substance dans le final de cette saga qui avait pourtant si bien commencé et qui était porteuse d’idées très intéressantes, comme ici à travers le décodage mathématique d’un langage extraterrestre. Oui, on reste sur sa faim v.v

    J’aime

Laisser un commentaire