[Chronique] L’épée, la famine et la peste, d’Aurélie Wellenstein

l'épée la famine et la peste
« C’était tout le paradoxe de leur époque : les monstres infestaient le royaume, les gens se voyaient frappés par de terribles malédictions, des villages entiers disparaissaient dans les toiles d’araignées, et pourtant, de petits miracles surgissaient ça et là, comme les dernières expirations d’un dieu mourant. »


couv22411783L’épée, la famine et la peste [tome 1]
Autrice : Aurélie Wellenstein
Couverture : Aurélien Police
Maison d’édition : Scrinéo
Genre : Fantasy
Date de publication française : 29 septembre 2022
Nombre de pages : 397
Prix : 21,00 € (broché) / 9,99 € (numérique)
 
Synopsis 
Depuis un demi-siècle, le royaume de Comhghall s’enfonce dans un âge sombre : les monstres pullulent, des villages entiers disparaissent dans les toiles d’araignées, et les tarentas tissent dans l’esprit des hommes, les condamnant à s’étioler dans la mélancolie et les idées noires.
Trois êtres brisés deviennent la cible d’une population aux abois. Un garçon possédé par l’esprit d’un loup, une jeune fille soupçonnée d’avoir les pouvoirs d’une araignée, un ancien soldat qui a tout perdu, persuadé que son fils vit dans l’œil d’un cerf… Pourchassés par le chef de l’Inquisition et son archère, ils vont devoir s’allier pour survivre. Mais sont-ils des bouc-émissaires ou, au contraire, trois redoutables fléaux qui porteront le coup de grâce à ce monde agonisant ?
MON avis
Exit les one-shot, Aurélie Wellenstein nous revient avec un dyptique de fantasy dont les deux premiers tomes sont d’ores et déjà parus. J’ai lu ce roman dans le cadre du prix littéraire de l’imaginaire booksphère 2023 puisqu’il fait partie des finalistes de la catégorie adulte. 
 
L’épée, la famine et la peste nous emmène donc dans un sombre univers de fantasy, une fantasy qu’on pourrait d’ailleurs qualifier de dystopique tant cet univers est marqué par l’oppression de certaines catégories de la population. Ainsi depuis une cinquantaine d’année, le pays s’est retrouvé infesté par des monstres qui apportent leurs lots de malédictions, mais aussi de miracles. Les personnes maudites sont traquées par l’Inquisition, quand celles touchés par les miracles sont vénérées. Le roman nous fait suivre trois personnages maudits : Cillian un jeune bègue capturé par l’esprit d’un loup, Erin une jeune femme accusée d’être une femme-araignée et Sulyvahn ancien inquisiteur détruit qui croit reconnaître dans un cerf son enfant disparu. 
 
La première moitié du roman nous permet de faire connaissance avec les personnages et de découvrir leur propre déchéance jusqu’à ce qu’ils soient tous les trois réunis. On découvre ce monde très sombre dont les codes ressemblent à ceux d’une fantasy médiévale, reprenant un Moyen Age fantasmé qui n’a en réalité rien à voir avec la véritable époque historique. Néanmoins, il n’est pas simple de visualiser réellement l’univers de L’épée, la famine et la peste. Mis à part le contexte de l’inquisition et des malédictions qui s’abattent sur la population, on ne sait pas grand-chose sur l’organisation de la société, sur les décors ou même sur ces monstres qui font des ravages. Les décors sont surtout faits de toiles d’araignées géantes, mais des monstres on en voit réellement peu. Le roman mentionne divers pouvoirs que les humaines peuvent acquérir selon le type d’araignées qui les mord. Le concept est intéressant, mais une nouvelle fois très peu exploité dans ce premier tome. Aurélie Wellenstein créé donc un univers particulièrement intrigant, sombre comme je les aime, mais développé à son minimum, juste de quoi servir l’intrigue. C’est pourtant le point fort de ce premier tome, cet univers qu’on prend plaisir à découvrir, qui nous glace quand on l’imagine. On peut ressentir sur nos doigts la texture des toiles d’araignées en lisant le roman, mais on ne peut enlever la frustration d’un univers qui aurait mérité d’être bien plus développé. 
 
Concernant l’intrigue, si vous avez lu d’autres romans d’Aurélie Wellenstein, elle ne devrait pas vous surprendre. Il s’agit comme souvent d’un récit où les personnages sont en constant déplacements et où les animaux ont une place importante. La première moitié permet aux trois personnages principaux de se réunir, la deuxième est leur fuite jusqu’à un lieu où ils pourraient peut-être lever les malédictions qui pèsent sur eux. Si l’intrigue de la première partie m’a semblé divertissante, j’ai trouvé un vrai creux dans la deuxième moitié où le récit se fait très répétitif. Le temps de la fuite m’a paru bien long, et la manière dont les personnages s’en sortent toujours, pas vraiment réaliste. Néanmoins, j’ai apprécié les choix de l’autrice concernant la toute fin du roman. Les révélations sont bien amenées et les cartes sont redistribuées de manière intéressant.   
 
Concernant les personnages, c’est peut-être le point qui m’a le moins convaincue. Même si le roman est catégorisé comme adulte, les personnages sont pour moi construits comme des personnages young adult. Ils sont caractérisés par des grands traits de caractère et leur personnalité manque du nuances, si bien que je n’ai pas trouvé leur construction et leur but crédibles, notamment au début du roman. J’ai eu du mal à croire en ces personnages et donc en leur quête et le trio qui se forme ne m’a pas touchée comme il l’aurait dû, ce qui explique également pourquoi certains passages du roman m’ont paru bien longs. 
 
L’épée, la famine et la peste est un roman divertissant dont le point fort qui ressort est cet univers sombre, peuplé de monstres et mis à mal par une inquisition froide et cruelle. Malgré tout, il s’agit d’un roman catégorisé en adulte et j’ai, de ce fait, regretté le fait que l’univers et les personnages ne soient pas plus développés. Beaucoup d’informations manquent et les personnages sont assez lisses et pas assez nuancés. De plus, ayant lu beaucoup de romans de l’autrice, je regrette encore fois que l’intrigue reprenne toujours les mêmes codes, rendant le récit cousu de fil blanc, mise à part la fin qui redistribue agréablement les cartes. 
 
avis mitigé
 
 

9 réflexions sur “[Chronique] L’épée, la famine et la peste, d’Aurélie Wellenstein

  1. Avatar de Jérémy Daflon Jérémy Daflon 26 juillet 2023 / 6 h 18 min

    Ce roman a l’air top, et la couverture est folle ! Ca ne peut pas mieux tomber, étant donné que je suis actuellement en train de lire de l’histoire du Moyen Âge et je viens de terminer un magazine d’histoire sur la peste justement… Merci !

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  2. Avatar de Steven Steven 26 juillet 2023 / 8 h 59 min

    Merci pour cet éclairé avis qui me laisse penser que si je dois tenter cette lecture, je dois aussi revoir mes attentes à la baisse pour ne pas être déçu par le manque d’approfondissement dans l’établissement du décor et de ses personnages, choses que j’apprécie et recherche de plus en plus.

    Pour le reste et malgré ce manque de détails, l’histoire et le cadre peuvent fortement me séduire.

    Encore merci 🙂

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  3. Avatar de tampopo24 tampopo24 26 juillet 2023 / 13 h 13 min

    Même si je note tes réservés, étant une inconditionnelle de l’autrice, j’ai hâte de découvrir cette duologie que je risque d’enchaîner pour avoir l’effet d’un Welleinstein complet ^^’

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  4. Avatar de Shaya Shaya 14 août 2023 / 15 h 38 min

    Vu les réserves que tu émets, je vais passer mon tour, c’est le genre de choses qui risque de me sortir de ma lecture. Tant pis !

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