
« Les gens craignent l’inconnu. Quelle meilleure manière de débarrasser quelqu’un de la peur de sa mort que de la lui montrer ? »

« Les gens craignent l’inconnu. Quelle meilleure manière de débarrasser quelqu’un de la peur de sa mort que de la lui montrer ? »

« Les yeux dans le miroir étaient bleu clair. Parfois, quand le dégel du printemps était terminé et que la rivière avait retrouvé sa place dans son lit, on pouvait trouver des mares stagnantes le long du rivage, des eaux mortes séparées du courant, des zones à l’air fétides, immobiles et froides ; on se demandait alors si elles étaient profondes, et s’il y avait quelque chose qui vivait là, dans cette obscurité. C’était le genre d’yeux qu’il avait; profondément enfoncés dans un visage sombre aux joues creuses, encadré par des cheveux bruns qui tombaient, longs et raides, sur ses épaules. »

« Tous les soirs, Denis arrivait avec la « souris blanche » : une blondinette, la plupart du temp, parfois une rousse, mais blond vénitien comme on dit. Les brunes ne se rendent pas comptent de la chance qu’elles ont de compter pour des prunes, parfois. Quant aux décolorées, je ne suis pas loin de penser qu’elles méritaient ce qui leur arrivait : lorsqu’on torture ses cheveux à ce point-là, on doit s’attendre au pire. »

« On dit toujours que les sorcières ont des prémonitions, des intuitions ou qu’elles remarques des présages. C’est un fatras d’inepties. Ce matin-là, je n’éprouvais pas le moindre pressentiment du déluge d’ennuis qui allait s’abattre sur mon crâne. »
–« À cette déclaration, une ovation sauvage envahit la salle, offensant les oreilles de Yuri, peu accoutumées à un tel vacarme. La princesse décida que cette leçon serait inconfortable à apprendre, comme toutes celles qui impliquaient de quitter l’Ambassade. »

« Je triche. J’esquive, je danse, encore et toujours. Je me raconte des histoires, je prétends que je ne me souviens plus des noms, des détails, alors qu’en fait si. C’était vrai à l’époque et ça l’est toujours. Je me souviens de tous les noms. »

« Si on chante de telles histoires, ce n’est pas parce qu’elles sont le reflet de la vérité, mais parce qu’elles éclairent les réalités cachées de notre monde. »

« La culpabilité l’assaillit presque aussitôt comme un rapace fondant sur sa proie. La culpabilité d’éprouver ce sentiment de liberté illégitime et interdit d’allégresse. »

« Il était et resterait un être moyen. Vivant une existence moyenne, semblable à celle de millier d’autres qui naissaient, passaient et disparaissaient sans que la terre en gardât de véritables traces Il côtoyaient leurs semblables, les marquaient et les façonnaient, s’en faisaient parfois aimer et regretter, mais même les regrets finissent un jour par s’estomper, remplacés par l’impérieux de l’existence, l’immédiat du quotidien qui vous prend, vous emmène et vous fait tout oublier. »