
« Il écarta mes mains de son cou. « Inutile de faire une scène de ce genre. Tu savais que ça arriverait. Je ne peux pas pourrir sous terre toute ma vie, en ne possédant rien en mon nom »
Et moi, avais-je envie de demander. Je vais pourrir ? »

« Il écarta mes mains de son cou. « Inutile de faire une scène de ce genre. Tu savais que ça arriverait. Je ne peux pas pourrir sous terre toute ma vie, en ne possédant rien en mon nom »
Et moi, avais-je envie de demander. Je vais pourrir ? »

« Nous n’avions pas d’argent, ni aucun équivalent. Nous n’avions rien à marchander. Rien à échanger. Si nous voulions manger, alors nous devrions voler, avec tous les dangers que cela implique. Nous pouvions être pendus. Avoir les mains coupés. Être empalés. Pas les trois en même temps bien sûr. Mais rien de tout cela n’était très réjouissant. »

« Courir ou se battre, c’est la règle la plus importante, mais il y a aussi celle du sang. Ne saigne pas. Ce qui veut dire : Sois prudente. »

« Elle avait cru à l’impossible. Comme un enfant croit qu’on lui offrirait un poney pour Noël. C’est deux-là étaient sans doute en train de débattre de ce qu’il fallait faire d’elle, de la façon d’utiliser ce matériau sans valeur. »

« Les hommes ont l’art de créer des récits féeriques aux fins heureuses. Mais la réalité est différente et les fées le savent bien. Elles ne sont pas des porte-bonheur, elles n’apportent pas la paix et la prospérité aux humains, et cela malgré toutes leurs bonnes intentions. Non, loin de là. »

« La maison me manquait cruellement, comme si j’avais un grand vide en moi. Elle me manquait depuis que nous avions quitté la vallée pour traverser les montagnes. Des racines… oui. Il y avait des racines plantées dans mon cœur, aussi profondes que pouvait l’être la contamination. »

« S’ils fut un temps où ces oraisons avaient un sens pour moi, elles en étaient à présent totalement dépourvues. Je me contentais de répéter mécaniquement ce que l’on m’avait appris, l’esprit détaché de mon corps, n’impliquant ma conscience dans aucune des paroles que mes lèvres prononçaient ni aucun de mes gestes. »

« Tandis que le sol blanchâtre défilait sous les chenilles du véhicule, dans l’éclat des phares, Eric éprouvait un malaise grandissant. Aucune irrégularité ne troublait l’uniformité de la plaine. Il n’y avait ni montagnes, ni dépressions, seulement un sol lisse, comme si un gigantesque rouleau compresseur avait tout aplani. »

« Je ne suis née qu’une fois Malatesta. Et je n’en garde aucun souvenir. Je me rappelle de ma mort, en revanche. Jusque dans les moindres détails. Même ceux que je ne puis exprimer. Même ceux qui devraient demeurer enfuis, mais s’échappent. »

« La vie n’avait pas été simple pour Joseph… Autant dire qu’il l’avait complètement ratée. Et maintenant qu’il se réveillait dans le noir complet, sans pouvoir bouger le moindre petit muscle, il commençait à se demander s’il n’avait pas non plus raté sa mort. »