
MESSAGE OFFICIEL DE LA MATRICE
Bienvenue à VÉGÉTOWN, la seule cité où chaque citoyen connaît sa place.
Les bien-nés gouvernent. Les chimères servent. Les humanos obéissent.
Toute anomalie sera immédiatement corrigée.
Sauf, peut-être…
Un morse télépathe qui refuse d’oublier ses promesses.
Une jeune squamate qui n’aurait jamais dû survivre.
Une chanteuse qui pourrait mettre le feu à toute une ville.
Une prodige de l’Ultra Ball prête à faire vaciller bien plus qu’un championnat.
Quatre histoires. Une seule vérité.
Les légendes urbaines n’existent pas.
Ceci est un message certifié par la Matrice.
…
Erreur système.
Correction impossible.
Les légendes sont déjà en marche.

Après Maléficity, Nicolas de Torsiac continue d’étendre son univers avec Végétown, un recueil de quatre nouvelles qui pourront plaire autant à ceux qui veulent découvrir l’auteur, qu’à ceux qui ont déjà lu et aimé Maléficity. Végétown est construit comme un fix-up, nous proposant quatre nouvelles indépendantes mais qui forment un tout et se suivent chronologiquement. Dans chacune d’entre elles, on trouve comme fil conducteur le personnage de Meurice, un morse télépathe qui va côtoyer une grande panoplie de personnages et nous exposer les dérives et les failles du système en place à Végétown.
Ce nouveau récit se déroule donc cette fois-ci en dehors de Maléficity, cette enclave où l’on enferme ceux qui dérangent, pour parcourir plutôt les rues de Végétown, une ville hiérarchisée par un système de castes où les bien-nés, des humains augmentés, sont sur la plus haute marche. Le recueil s’ouvre sur un rapide prologue qui permet de se familiariser avec ce système de hiérarchisation sociale puis on embarque directement au cœur de l’action avec la première nouvelle.
C’est ainsi que l’intrigue démarre à 1000 à l’heure dès la première nouvelle. Ce n’est pas forcément évident de raccrocher les wagons face au fourmillement ininterrompu de personnages et de situations que l’on ne comprend pas très bien au départ, mais on se prend vite au jeu de ce récit pulp et déjanté qui nous emmène dans les traces de toutes sortes d’animaux hybrides anthropomorphes et augmentés de certaines facultés. Ainsi au fil des nouvelles, on va suivre notre morse télépathe au milieu d’un gang de criminels musiciens, puis aux côtés d’un reptile qui va avoir une influence inattendue et enfin de la biche chanteuse Bryd’ney qui espère devenir une icône. La quatrième nouvelle est un peu différente et se déroule cette fois-ci au cœur d’une compétition sportive dans laquelle tuer ses adversaires fait totalement partie des règles du jeu.
Comme pour Maléficity, c’est encore une fois un grand plaisir de parcourir l’univers si inventif et foisonnant de Nicolas de Torsiac. Le format fix-up permet d’autant plus d’exploiter cet univers en mettant en scène une multitude de personnages de plein de types différents que ce soit des animaux hybrides, des humains, des fées, des cyborgs… Tous les éléments du récit se mélangent dans un joyeuse cacophonie qui ne devient jamais indigeste grâce au ton drôle et irrévérencieux de l’auteur. Et derrière cet humour qui se révèle autant par les personnages hauts en couleur que par les situations dans lesquelles ils se trouvent, les dialogues, mais aussi l’écriture piquante et pleine de jeux de mots de l’auteur, on peut facilement lire entre les lignes la critique sociale sous-jacente et faire un parallèle fracassant avec notre propre société.
Ainsi, Végétown dénonce franchement la hiérarchisation des individus. Derrière l’humour, l’univers coloré et la dimension de divertissement présente puisque la musique et le sport ont une grande place dans l’intrigue, les quatre nouvelles du recueil ont en réalité une dimension politique importante et nous exposent les manigances ségrégationnistes des personnages « bien-nés » pour contrôler la ville et ne pas perdre leur pouvoir. Les personnages que l’on va suivre sont pour beaucoup instrumentalisés par ce système et vont tenter de s’opposer à lui à leur niveau.
Ce fut donc un grand plaisir de retrouver la plume et l’univers de Nicolas de Torsiac dans ce nouveau récit. L’auteur n’a pas perdu son imagination débordante pour composer son intrigue et proposer de très bons jeux de mots avec en plus une dénonciation sous-jacente qui apporte une belle profondeur au texte. Ceux qui ont lu Maléficity pourront également s’amuser à retrouver les références communes entre les deux textes, ce qui donne une satisfaction de plus à la lecture. Pour les autres, il n’y a pas de problème à lire Végétown sans avoir lu Maléficity, mais je vous conseille quand même de lire ce dernier qui était aussi un excellent divertissement.

Livre reçu en service en service de presse. Un grand merci à Nicolas de Torsiac et aux éditions Cordes de lune

Végétown : légendes urbaines déclassées
Auteur : Nicolas de Torsiac
Couverture : Axel Davis
Maison d’édition : Cordes de lune
Genre : Science-fiction
Date de publication française : 29 juillet 2026
Nombre de pages : 199 pages
Prix : 22,90 € (relié) / 15,99 € (broché) / 4,99 € (numérique)
