[Chronique] Une Valse pour les grotesques, de Guillaume Chamanadjian

Johann von Capriccio est un jeune étudiant en obstétrique et ciroplaste de talent à l’université de Schattengau, ville fondée par le savant-astrologue Mirabile. Les mannequins anatomiques de Johann attirent un jour l’attention de Catherine von Grunewald, femme du margrave. Celle-ci le fait convoquer afin de lui montrer l’enfant dont elle a accouché quelques mois auparavant dans le plus grand secret. Corne, queue, sabots de bouc : l’enfant présente toutes les caractéristiques d’un faune.

En compagnie d’une mercenaire et de l’héritière de Mirabile, Johann va tenter de comprendre les mystères de Schattengau, ville nichée au cœur des Alpes, dont l’université attire les esprits les plus brillants, tandis que les puissants de l’Empire germanique se pressent dans le palais du margrave Von Grunewald. Depuis cinq cents ans, c’est un haut-lieu du savoir. Étudiants et habitants la font vivre sous le patronage des grotesques, statues de pierre représentant des créatures des folklores européens, sculptées par le fondateur de cette ville où l’art et la science prennent vie à l’insu des habitants.

MON avis

Après avoir suivi avec passion les aventures de Nox dans la trilogie Capitale du Sud, j’ai retrouvé avec un immense plaisir la plume de Guillaume Chamanadjian avec Une valse pour les grotesques, un format one-shot cette fois-ci qui porte une histoire toujours aussi originale et intelligente. Ici, l’ambiance n’est plus au Sud et à la mer, mais plus près des montagnes, dans un territoire inspiré du Saint-Empire romain germanique.

Et on retrouve bien l’écriture si sensorielle de Guillaume Chamanadjian. L’auteur a un vrai talent pour nous emmener dans des lieux tangibles tant il les décrit à la perfection, mettant à contribution chacun de nos sens. Cette fois-ci c’est à Schattengau que l’on pose nos valises, une ville de conte, entre fiction et réalité où l’on croise, au détour des rues, d’étranges statues représentant des créatures hybrides et grotesques. Mais Schattengau est aussi une ville universitaire et savante qui vibre pour les sciences et les arts. Et le personnage principal s’imbrique parfaitement dans cette ambiance, réunissant ces deux activités puisque Johann von Capriccio étudie l’obstétrique, mais est aussi passionné de sculpture de cire. Sa double spécification va attirer sur lui l’attention d’une noble qui cherche à comprendre la nature de son nouveau-né, créature mi humaine mi bouc. Un faune ?

Guillaume Chamanadjian nous emmène dans une aventure trépidante pleine de tension et de dangers à mesure que l’on découvre plus profondément l’Histoire de Schattengau et les intrigues politiques qui l’animent. La ville est un véritable personnage de l’histoire et, à travers elle, l’auteur interroge sur la frontière entre la fiction et la réalité. Mais Une valse pour les grotesques est aussi une véritable ode à l’imagination, il fait l’éloge de la création et de l’art sous toutes ses formes. Il nous emporte dans un imaginaire original, riche et d’une beauté saisissante à travers une intrigue pleine de mystère et très divertissante.

L’auteur met en scène des personnages bien campés, un trio de personnages principaux haut en couleurs : Johann accompagné d’une mercenaire Chiara ainsi que de l’étrange Renata, personnage lié à l’une des figures les plus puissantes de la ville, Mirabile. Ces personnages vont se retrouver malgré eux au centre de la danse, rythmée par les battements de cœur de Schattengau. La beauté vive de la ville va laisser place à une autre facette plus sombre à mesure que tout s’effrite autour des personnages jusqu’à l’inévitable effondrement. Et au milieu de cette valse à trois temps dont le tempo s’accélère jusqu’à son dernier souffle, les grotesques sont là et nous rappellent qu’on peut rire de tout et trouver de la beauté dans la tragédie.

D’autres avis : Le nocher des livresSymphonieJust a wordLe bibliocosmeRSF blogCélinedanaeLes Affamés de lecture


Une Valse pour les grotesques
Auteur :
Guillaume Chamanadjian
Maison d’édition : Aux Forges de Vulcain
Genre : Fantasy
Publication : 4 octobre 2024
Nombre de pages : 440 pages
Prix : 22 € (broché) / 15,99 € (numérique)

7 réflexions sur “[Chronique] Une Valse pour les grotesques, de Guillaume Chamanadjian

  1. Avatar de Jean-Yves Jean-Yves 29 octobre 2025 / 18 h 02 min

    Vu le succès de la Tour de garde, je table sur une sortie poche rapide ! Et ton avis rend l’attente encore plus difficile 😱

    J’aime

  2. Avatar de Lutin82 Lutin82 29 octobre 2025 / 18 h 18 min

    Ah! carrèment coup de coeur!!!
    Alors, faut que je regarde vraiment de plus près, même si la thématique ne colle pas parfaitement dans ce que j’ai envie de lire actuellement.

    J’aime

  3. Avatar de tampopo24 tampopo24 30 octobre 2025 / 23 h 00 min

    Tu parviens à me donner envie sans pourtant rien en dire, juste en parlant de son atmosphère. T’es forte toi aussi 😉

    Zou, commandé !

    J’aime

Répondre à tampopo24 Annuler la réponse.