[Chronique] Briser les os, de Cassandra Khaw

John Persons est détective privé et son dernier job a tout du plan foireux : un enfant d’onze ans l’a engagé pour tuer son beau-père, un certain McKinsey. Après quelques recherches, il apparaît que l’homme en question n’est pas seulement abusif, toxique et violent (ce qui est déjà beaucoup !), c’est aussi un monstre venu… d’ailleurs.
Heureusement, John Persons n’est pas un simple détective. Familier des forces occultes, il a au cours de son existence traqué et anéanti des démons et des dieux. En fait, le seul souci lorsqu’on affronte un vrai monstre, c’est de ne pas lâcher la bride de sa propre monstruosité.

MON avis

Argyll continue de développer sa collection de novellas, RéciFs, avec la sortie de deux nouveaux titres de l’autrice malaisienne Cassandra Khaw : Briser les os tout d’abord, paru en septembre 2025 puis Chanter le silence prévu pour novembre 2025. Les deux titres mettent en scène des enquêtes surnaturelles portées par le même détective privé : John Persons.

Et ce premier volet commence fort quand on voit débarquer chez John Persons un jeune garçon de 11 ans d’apparence banale et innocente mais qui lui demande pas moins que de tuer son beau-père en échange des maigres économies de sa tirelire. Persons hésite, mais l’enfant a un argument imparable : il ne pouvait aller voir qu’un monstre pour tuer un autre monstre.

Commence alors une enquête pleine de mystères autant sur la nature de notre détective privé que sur ce qu’il se passe au sein de cette famille. Le récit est court et rythmé, le temps joue contre notre détective, car la famille de son client est menacée et notamment le jeune frère qu’il faut protéger à tout prix. Narré à la première personne, le récit suit John Persons qui va se mêler à la vie de cette famille et réveiller le monstre qui sommeille à l’intérieur tout en se cachant de la société. Et monstre, le beau-père l’est aussi bien au sens propre qu’au sens figuré, car cette novella fantastique met en scène un monde identique au nôtre, mais dans lequel rôdent des créatures venues d’ailleurs.

Cette novella séduit par son petit côté old school mélangé à une ambiance lovecraftienne très bien retranscrite reprenant le concept de cosmicisme basé sur le fait que les humains sont insignifiants par rapport à des forces cosmiques qui les dépassent. L’enquête n’est pas extrêmement développée et reste bien classique dans son déroulé et ses codes, mais elle parvient à nous capter par l’intérêt que l’on ressent pour les personnages et son ambiance horrifique. Et cette ambiance horrifique monte crescendo dans le récit jusqu’à une scène finale en apothéose où se matérialise l’impact des sévices subis au sein de cette famille pendant de nombreux mois.

Avec Briser les os, Cassandra Khaw propose une novella rythmée et efficace, où l’horreur intime et le fantastique lovecraftien s’entrelacent dans une atmosphère oppressante. Le titre séduit autant par son atmosphère lovecraftienne que par la tension dramatique de son huis clos familial et donne envie de poursuivre l’aventure des enquêtes de John Persons.

Livre reçu en service de presse

D’autres avis : Le nocher des livres


Briser les os
Autrice : Cassandra Khaw
Traduction : Marie Koullen
Illustration : Anouck Faure
Maison d’édition : Argyll
Genre : Fantastique
Publication française : 12 septembre 2025
Nombre de pages : 112 pages
Prix : 9,90 € (poche) / 11,99 € (numérique)

8 réflexions sur “[Chronique] Briser les os, de Cassandra Khaw

  1. Avatar de Lutin82 Lutin82 22 septembre 2025 / 8 h 55 min

    humm, C’est assez tenant comme titre. Enfin, ta chronique me rend attirant ce titre qui m’était inconnu.
    Et puis, c’est assez court pour entrevoir une lecture rapide.Allez, je me le note, car il contient des ingrédients qui forcément chantent à mes oreilles.

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  2. Avatar de tampopo24 tampopo24 23 septembre 2025 / 6 h 14 min

    Je ne t’ai lu que en diagonale car je dois encore découvrir la nouvelle, mais ce mélange d’horreur à la Lovecraft et de old school m’attire énormément !

    Aimé par 1 personne

  3. Avatar de tampopo24 tampopo24 23 novembre 2025 / 22 h 19 min

    Lu ! C’est une saisissante utilisation de l’horreur lovecraftienne pour décrire et dénoncer des horreurs du quotidien. Puissant !

    Aimé par 1 personne

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