

La maison des feuilles
Auteur : Mark Z. Danielewski
Traduction : Claro
Maison d’édition : Monsieur Toussaint Louverture
Genre : Fantastique
Nombre de pages : 693
Prix : 29,50 € (broché)
Auteur : Mark Z. Danielewski
Traduction : Claro
Maison d’édition : Monsieur Toussaint Louverture
Genre : Fantastique
Nombre de pages : 693
Prix : 29,50 € (broché)
Synopsis
En rentrant chez eux un soir, les Navidson – Will, Karen et leurs deux enfants qui viennent à peine d’emménager en Virginie – découvrent qu’une nouvelle pièce a surgi dans leur maison… comme si elle avait toujours été là. Simple inattention ? Canular élaboré ? Mètres, plans et appareils de mesure sont réquisitionnés, et soudain l’explication la plus étrange devient la plus évidente : le foyer des Navidson est plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur. Très vite, d’autres changements surviennent ; un mur se décale, une nouvelle porte apparaît dans le salon et derrière elle un couloir étroit et obscur. Photoreporter de renom et aventurier intrépide, Will s’y risque un soir mais, manquant de se perdre dans ce qui s’avère être un dédale immense, décide de mettre sur pied une équipe d’explorateurs chevronnés, afin d’étudier ce passage qui paraît sans fin et qui, très vite, se révèle l’être pour de bon.
En rentrant chez eux un soir, les Navidson – Will, Karen et leurs deux enfants qui viennent à peine d’emménager en Virginie – découvrent qu’une nouvelle pièce a surgi dans leur maison… comme si elle avait toujours été là. Simple inattention ? Canular élaboré ? Mètres, plans et appareils de mesure sont réquisitionnés, et soudain l’explication la plus étrange devient la plus évidente : le foyer des Navidson est plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur. Très vite, d’autres changements surviennent ; un mur se décale, une nouvelle porte apparaît dans le salon et derrière elle un couloir étroit et obscur. Photoreporter de renom et aventurier intrépide, Will s’y risque un soir mais, manquant de se perdre dans ce qui s’avère être un dédale immense, décide de mettre sur pied une équipe d’explorateurs chevronnés, afin d’étudier ce passage qui paraît sans fin et qui, très vite, se révèle l’être pour de bon.
Plongée dans le labyrinthe d’une maison impossible, ce roman tout en méandres cache un minotaure : au cœur de l’obscurité abyssale et toujours croissante, résonne un grondement impie qui semble vouloir déchirer les murs et dévorer les rêves.

Voilà une réédition qui a fait grand bruit quand elle a été annoncée par les éditions Monsieur Toussaint Louverture. Traduit une première fois en français au début des années 2000 par les éditions Denoël, La maison des feuilles, roman déjà qualifié de « culte », a été repris en 2022 par les éditions Monsieur Toussaint Louverture qui ont entièrement retravaillé son contenu et sa mise en page.
Et c’est une véritable expérience de lecture que nous propose ce roman, jouant sur les couleurs, les mots, l’absence de mots, l’orientation des textes, les images… L’objet-livre est très riche et même avant de s’y plonger, on peut rester des heures à le feuilleter, chaque page étant elle-même une surprise. Certaines pages sont impressionnantes entièrement remplies de texte écrit en pattes de mouche quand d’autres ne contiennent qu’une seule et unique phrase. Ainsi cette lecture est une véritable exploration et, cela tombe bien et est tout à fait pertinent, puisque c’est le sujet du récit. La maison des feuilles pousse ainsi l’expérience à son paroxise jouant autant sur le contenu que sur le contenant à la manière d’un miroir, entraînant le lecteur dans son propre labyrinthe.

Ce roman labyrinthique nous présente en réalité deux récits que l’on suit en parallèle. Le sujet central du récit est une sorte d’essai écrit par Zampano à propos d’un documentaire amateur réalisé à l’intérieur d’une maison. Ce documentaire montre l’installation de la famille Navidson dans leur nouvelle maison puis l’étrange découverte qu’ils vont faire. En effet, la maison semble être en expansion. Une nouvelle pièce surgit un jour puis évolue jusqu’à devenir un immense labyrinthe qu’ils vont tenter d’explorer. L’essai de Zampano est agrémenté d’interminables notes de bas de page qui constitue l’autre part du roman. Ces notes de bas de page sont écrites par un certain Johny qui est tombé sur le travail de Zampano et a été fasciné par celui-ci. Au fil des pages, il nous raconte son histoire et ses réflexions sur l’œuvre qu’il est en train de commenter. C’est donc un double fil conducteur que l’on doit suivre en parallèle. Chacun trouvera sa méthode pour se sortir du labyrinthe : lire d’abord le texte de Zampano, puis celui de Johny, lire les deux en parallèle ? Il revient à chaque lecteur de trouver son fil d’Ariane.
Véritable roman concept, La maison des feuilles se veut être une véritable exploration. Il y a un jeu de miroir fascinant entre l’architecture de la maison, l’état psychiques des personnages et la mise en page de l’œuvre, ce qui nous offre par extension une expérience de lecture riche et aux multiples dimensions. Cela explique également pourquoi le roman se veut souvent exigeant. Le contenu n’est pas particulièrement difficile à suivre et à comprendre, mais il demande d’appréhender plusieurs récits très différents à la fois : d’un côté l’essai de Zampano écrit avec une approche très académique, introduisant de multiples références et réflexions. De l’autre côté, on trouve les notes de Johny qui, au contraire, sont d’une immense confusion et symbolisent parfaitement les excès de ce personnage et son état psychique qui se dégrade au fil de la lecture. L’état psychique des personnages et particulièrement de la famille Navidson est d’ailleurs un point clé et très intéressant du récit. C’est même ce qui semble être le véritable fil conducteur. Plus leur état se détériore, plus l’architecture de la maison se complexifie et plus cela influe sur la mise en page du roman et sur l’état psychique de Johny. Rien n’est laissé au hasard et à ce titre, La maison des feuilles est une lecture très intéressante à découvrir.
Cependant, je m’attendais à ce que tout ça aille plus loin. J’ai tellement entendu parler de la complexité de ce livre que je m’attendais à lire une véritable énigme à décrypter, ce qui n’est pas le cas. L’intrigue se base finalement sur quelque chose de très simple et ne nous emmène pas plus loin. Je n’ai pas ressenti d’angoisse devant les couloirs sombres et grondant de la maison. Il est vrai que la lecture nous donne l’impression de nous perdre dans un labyrinthe dans le sens où le rythme est très différent selon les passages. Parfois le texte est si dense qu’on a l’impression de faire du sur-place quand d’autres fois les pages se tournent à la vitesse de l’éclair. Cela représente parfaitement l’avancée saccadée dans le labyrinthe, et ce concept est très intéressant. Cependant si la lecture nous implique par sa forme, elle le fait beaucoup moins par le fond. L’histoire de la maison reste sans grande surprise et la manière dont elle est contée sous forme d’essai apporte de la distance avec les faits. Les passages concernant la vie de Johnny s’étendent énormément sur ses déboires et ses excès. C’est un personnage alcoolique qui raconte s’étend très longuement sur ses aventures avec des filles, ce qui ne m’a absolument pas intéressée. Au milieu de tout ça se cachent tout de même des thématiques très intéressantes comme celle du rapport à la mère, mais il m’a manqué une profondeur encore plus marquée pour capter encore plus mon attention.
La maison des feuilles est une véritable expérience de lecture que j’ai pris plaisir à lire et à découvrir. Le concept du roman est extrêmement bien trouvé par l’auteur, la forme du texte répondant parfaitement à son fond. Ainsi on se retrouve dans un récit miroir guidé par la psyché humaine. C’est elle qui nous emmène à travers le labyrinthe à un rythme parfois effréné et d’autres fois beaucoup plus apathique. Cependant, je n’ai pas été immergée autant que je l’aurais souhaité dans cette lecture du fait, d’un côté, d’un texte très analytique, et de l’autre d’un personnage dont les déboires ne m’intéressaient pas particulièrement. Il m’a donc manqué une ambiance plus marquée et une plus grande profondeur. La maison des feuilles reste une expérience de lecture marquante à découvrir, si vous l’osez.

D’autres avis : Zoé prend la plume – Parlons fiction

Même si je suis prévenu pour le contenu finalement assez simple, l’expérience de lecture m’intrigue et me tente beaucoup.
Ça tombe bien quelqu’un de la famille l’a, je pourrais donc lui emprunter au besoin 😁
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Oui tu as raison c’est quand même une expérience de lecture à faire si le format ne rebute pas !
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Pour moi ç’avait été une lecture incroyable, même si je comprends que ce n’est pas facile d’être immergée dans cette lecture
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C’est super de voir les différentes perceptions qu’on peut avoir de ce livre !
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